À l’approche des Municipales 2026 à Agen, le sort du quai de Dunkerque cristallise les débats et interroge autant qu’il passionne. Cette artère emblématique, longeant la Garonne, représente bien plus qu’un simple espace urbain. Elle incarne l’histoire, la vie locale et les ambitions futures d’une ville en quête de renouveau. Face aux enjeux liés à l’urbanisme, au développement urbain et à la politique municipale, les candidats s’opposent ou s’accordent sur le meilleur moyen d’aménager ce quartier stratégique. Le choix portera-t-il sur une piétonnisation renforcée, un tourisme fluvial revitalisé, ou une préservation pragmatique des accès routiers essentiels pour la ville ?
Les aspirants à la mairie d’Agen ont livré leurs visions contrastées du projet urbain qui pourrait transformer l’espace. Le dialogue est ouvert entre les défenseurs d’un aménagement tourné vers les mobilités douces et les partisans d’une gestion plus conservatrice, soucieux de ne pas perturber l’équilibre complexe entre circulation et accessibilité aux services publics. Ce débat local rejoint les grandes questions d’aménagement du territoire et de cohésion urbaine que connaissent plusieurs villes françaises à l’aube de ces élections locales.
Dans une ville où le quai de Dunkerque fait figure de repère fort pour les habitants, il est crucial de comprendre les enjeux derrière les propositions. Cette zone, chargée de patrimoine et de potentiel touristique, pourrait devenir le laboratoire d’un nouvel avenir pour Agen. C’est également un défi de gestion urbaine qui interpelle sur les façons dont les espaces publics sont investis et partagés, dans un contexte où la qualité de vie est plus que jamais au cœur des priorités municipales.
Plusieurs candidats ont déjà exposé leurs projets, du maintien d’une circulation fluide à une réappropriation massive des berges par les piétons et cyclistes, jusqu’à l’introduction de solutions de transport innovantes comme la navette fluviale. Comprendre les contours de ces propositions, ainsi que les réserves exprimées, est clé pour saisir l’importance symbolique et fonctionnelle du quai de Dunkerque dans la stratégie municipale à venir.
Ce contentieux sur l’avenir du quai dépasse le simple aménagement : il s’agit d’une véritable réflexion sur la ville d’Agen que souhaitent bâtir les prochains élus locaux, dans un contexte régional en transformation et une ambition renouvelée pour le développement durable et touristique.
- Piétonnisation et aménagements verts : principaux sujets de débat.
- Importance du quai pour le tourisme fluvial et l’attractivité locale.
- Maintien de la circulation routière clé pour accéder aux services, notamment l’hôpital.
- Consensus partiel entre certains candidats mais divergences sur la priorisation des travaux.
- Projet inscrit dans une logique globale de schéma des mobilités au niveau agglomération.
Les enjeux du quai de Dunkerque au cœur de la politique municipale à Agen
Le quai de Dunkerque, situé en bordure de la Garonne, constitue un axe majeur de la ville d’Agen, mêlant histoire, urbanisme et vie sociale. Ce lieu emblématique est souvent qualifié de cœur battant de la cité, reliant plusieurs quartiers et facilitant les échanges entre habitants, travailleurs et visiteurs. La question de son avenir est donc devenue centrale dans les discours des candidats aux Municipales 2026.
Sur le plan de l’aménagement du territoire, la réflexion porte sur l’évolution d’un front de ville qui ne peut plus se contenter d’un usage strictement routier. Le projet doit prendre en compte la double fonction du quai : circulation et lieu de vie. La tension entre ces deux usages se traduit par des propositions diverses d’adaptation, mais toutes visent à renforcer le dynamisme urbain tout en respectant l’identité agenaise.
L’enjeu est d’autant plus crucial que le quai de Dunkerque est une porte d’entrée naturelle vers le centre-ville. Pour beaucoup d’Agenais, c’est un point de repère familial, un espace où enfants et seniors se croisent au fil des saisons. Par ailleurs, sa position géographique en fait un espace pivot pour les visiteurs, notamment dans le cadre d’un tourisme fluvial traditionnel qui pourrait retrouver une nouvelle vigueur.
Ce site est lié à plusieurs infrastructures stratégiques, comme les ponts Picketty, Courpian, Rouquet et Gaillard, ainsi que le port d’Agen. La gestion des flux dans cette zone doit impérativement harmoniser la circulation automobile, piétonne et cycliste. L’enjeu n’est pas uniquement local puisqu’il s’inscrit dans un cadre géographique plus large, l’agglomération d’Agen, qui travaille à un schéma des mobilités intégrant toutes les formes de déplacement.
De ce constat découle un certain consensus sur la nécessité d’investir dans ce quartier, mais aussi des divergences sur la nature et l’étendue des travaux à entreprendre. Ces différences rendent d’autant plus captivantes les discussions pré-électorales, où chaque candidat met en avant sa vision pour l’avenir du quai. Leur positionnement reflète des choix stratégiques sur l’urbanisme, l’attractivité touristique et la gestion des déplacements dans une ville moyenne mais très dynamique.
Le projet de piétonnisation porté par Jean Dionis et Laurent Bruneau
Parmi les figures majeures de la campagne des Municipales à Agen, l’actuel maire sortant, ainsi que son principal adversaire de gauche, se retrouvent sur un point fondamental : piétonniser le quai de Dunkerque pour en faire un lieu plus agréable et accessible.
Jean Dionis propose une voie verte sécurisée s’étendant du pont Picketty au pont Courpian, destinée à valoriser le front de canal. Ce projet vise à offrir aux habitants un espace de promenade sans voiture, favorisant la convivialité et le respect de l’environnement. Derrière la gare, il imagine transformer un terrain inutilisé appartenant à la SNCF pour maintenir un équilibre entre la circulation routière, notamment entre les ponts Rouquet et Gaillard, et celui des modes doux.
Son objectif est clair : ne pas bouleverser les axes nord-sud stratégiques, notamment l’accès à l’hôpital via le rond-point des Anciens Combattants, afin de ne pas compliquer la vie des automobilistes et des services publics. En outre, il souhaite restaurer la capitainerie du port pour créer un véritable pôle d’attractivité touristique fluviale, renforçant l’image d’Agen en tant que destination de charme au bord de la Garonne.
De son côté, Laurent Bruneau, candidat pour une coalition de gauche unie, souhaite que les Agenais se réapproprient non seulement le quai mais aussi ses environs immédiats, de la zone universitaire du Pin jusqu’au pont de Courpian. Une expérimentation de piétonnisation serait mise en place le dimanche, histoire de tester la faisabilité avant un aménagement pérenne.
Son projet intègre également une dimension innovante en matière de transport : une navette fluviale connecterait le quai de Dunkerque au port Montalembert à Bon-Encontre. Elle fonctionnerait comme un bus de la Garonne en semaine et offrirait des trajets touristiques les week-ends, une idée visant à promouvoir un tourisme durable et à désengorger les routes.
Cette double approche insiste sur la volonté de marier nature et mobilité douce, dans un cadre d’aménagement évolutif et d’innovation. Elle s’inscrit dans un schéma des mobilités global, tenant compte des besoins des riverains, des cyclistes, des piétons et des automobilistes sur une aire intercommunale.

Une approche plus pragmatique : les réserves de Sébastien Delbosq sur le quai de Dunkerque
Face à ces projets ambitieux, la position de Sébastien Delbosq, candidat du Rassemblement national local, se distingue par un pragmatisme marqué et une gestion plus conservatrice de l’espace urbain.
Il reconnaît certes la valeur stratégique du quai de Dunkerque, notamment comme un point clé d’accès au cœur d’Agen, mais estime que la priorité n’est pas à une transformation radicale. Selon lui, la zone a récemment bénéficié d’un réaménagement des trottoirs, ce qui, à ses yeux, diminue le besoin d’interventions lourdes.
En outre, il rappelle la nécessité de conserver un accès fluide aux véhicules, notamment automobiles, pour éviter d’aggraver la circulation souvent complexe d’Agen. Il voit d’un bon œil la piste cyclable existante sur le quai Georges-Leygues, qui pourrait suffire aux mobilités douces sans affecter la voie routière principale que constitue Dunkerque.
Sur la question du terrain SNCF derrière la gare, il considère le projet de réaffectation comme pertinent, mais doute de sa faisabilité immédiate, notamment en raison du coût engendré. Cela reflète une approche prudente qui privilégie des chantiers plus urgents sur d’autres voiries ou infrastructures, comme la réouverture de la passerelle Gauja, une autre priorité de son programme.
Au-delà de l’aspect urbanistique, il propose également de dynamiser la vie locale par des animations culturelles, en suggérant par exemple des guinguettes ou des festivités traditionnelles telles que le feu de la Saint-Jean, pour renforcer le lien social sur les berges sans nécessairement toucher à la circulation.
Les implications du projet urbain pour le développement économique et touristique d’Agen
Le quai de Dunkerque ne se limite pas à un simple aménagement de voirie : il s’agit d’un levier fondamental pour le développement économique et la promotion touristique de la ville. Le secteur est en effet un carrefour où l’histoire fluviale rencontre les ambitions contemporaines d’une ville à taille humaine, désireuse d’accueillir touristes et habitants dans un cadre harmonieux.
La restauration de la capitainerie fait partie intégrante de cette stratégie visant à redynamiser le port. Un port actif, capable d’accueillir les bateaux de plaisance et de constituer un point d’amarrage pour les croisières fluviales, est un atout pour positionner Agen comme une étape privilégiée sur le réseau touristique du sud-ouest. Les élus projettent d’y installer des équipements modernes et des services adaptés pour les usagers, ce qui pourrait générer de nouvelles activités commerciales et artisanales.
Par ailleurs, le développement du tourisme fluvial s’accompagne d’initiatives originales, comme le projet de navette fluviale, qui facilite la mobilité et renforce l’attractivité des parcours entre Agen et ses communes voisines. Ces solutions innovantes participent à un aménagement du territoire intelligent, où transports et loisirs se conjuguent.
L’amélioration des berges vise aussi à créer des espaces verts et des promenades attractives, susceptibles d’inciter les Agenais à profiter davantage de ces lieux, tout en rendant la ville plus accueillante pour les visiteurs. Ce projet s’inscrit dans une dynamique nationale observée dans d’autres villes en quête de revitalisation de leurs rives, similaires aux métropoles en pleine transformation que l’on retrouve ailleurs en France.
| Aspect | Avantages | Risques/Possibles Inconvénients |
|---|---|---|
| Piétonnisation du quai | Amélioration de la qualité de vie, sécurité accrue, attractivité touristique renforcée | Complexification de la circulation routière, coût des aménagements |
| Développement du tourisme fluvial | Création d’emplois, valorisation du patrimoine, dynamisation commerciale | Dépendance saisonnière, nécessitant des investissements réguliers |
| Maintien de la circulation automobile | Facilitation de l’accès aux services urgents, préservation des habitudes locales | Risque d’engorgement et pollution accrue |
| Navette fluviale | Diversification des modes de transport, attractivité nouvelle | Investissement important et acceptation par les usagers |
En comparaison, d’autres villes régionales, notamment dans les Hauts-de-France, offrent également des exemples instructifs sur les débats locaux autour des élections municipales et des stratégies d’aménagement. Pour un éclairage plus large sur la mouvance politique et urbaine dans ces métropoles, ce panorama des grandes villes françaises permet de mieux saisir les enjeux communs aux projets de développement urbain.
Mobilités et aménagements intégrés au cœur des débats des élections locales à Agen
Les perspectives sur le quai de Dunkerque s’inscrivent dans un cadre plus vaste d’aménagement du territoire, où la mobilité douce et l’amélioration des transports publics deviennent des priorités pour les élus locaux. La volonté affichée par certains candidats d’instaurer un schéma des mobilités à l’échelle de l’agglomération traduit une évolution importante dans la gestion urbaine, mêlant pragmatisme et innovation.
La création de voies piétonnes, pistes cyclables sécurisées, ainsi que la mise en place de la navette fluviale, illustrent cette tendance à diversifier les modes de déplacement pour répondre aux attentes des habitants et visiteurs. Cette démarche collaborative avec les communes voisines vise à offrir un réseau cohérent entre les différentes zones, améliorant la qualité de vie globale et répondant aux objectifs environnementaux.
Par ailleurs, cette réflexion sur les déplacements rejoint celle sur les espaces publics, en cherchant à concilier accessibilité, sécurité et convivialité. La gestion de l’espace urbain, surtout dans un quartier aussi stratégique que le quai de Dunkerque, met en lumière la nécessité d’une approche équilibrée, évitant autant le tout-voiture que l’excès de contraintes.
Cette attention aux mobilités n’est pas un thème isolé à Agen. En région Hauts-de-France, par exemple, les enjeux locaux liés à l’urbanisme et au transport évoqués dans différentes élections municipales montrent combien la question de l’accessibilité et du développement durable s’impose aujourd’hui comme une nécessité incontournable sur tout le territoire national.
Quels sont les principaux projets envisagés pour le quai de Dunkerque à Agen ?
Les projets incluent la piétonnisation partielle, la création d’une voie verte, la restauration de la capitainerie et l’instauration d’une navette fluviale. Ils visent à améliorer la qualité de vie et le tourisme fluvial.
Pourquoi certains candidats s’opposent à la piétonnisation complète du quai ?
Ils craignent que la suppression d’accès routiers complique la circulation, notamment vers les services essentiels comme l’hôpital, et qu’elle génère des coûts élevés pour la collectivité.
La navette fluviale est-elle un projet réaliste pour Agen ?
Même si cela nécessite un investissement, le projet est perçu comme une innovation intéressante pour diversifier les modes de transport et dynamiser l’attractivité touristique autour du canal.
Comment ce projet s’inscrit-il dans le schéma des mobilités de l’agglomération ?
Il s’intègre dans une stratégie cohérente qui vise à répondre aux besoins variés des usagers : automobilistes, cyclistes, piétons, avec une attention particulière à l’intermodalité et aux modes doux.
Quelles leçons peut-on tirer des autres métropoles françaises sur ce type de projet ?
Des villes comme celles de la région Hauts-de-France montrent l’importance d’un dialogue politique ouvert et d’une planification urbaine intégrée pour réussir un aménagement durable et adapté aux besoins locaux.






