Depuis plusieurs semaines, des messages étranges circulent sur les réseaux sociaux, dans des groupes Facebook locaux et via des sites au look de “médias d’info”. Ils parlent de QI, de niveau d’éducation, de prétendues “études cachées” ou de classements inventés. À Lille, Roubaix, Dunkerque, Tourcoing et Valenciennes, de nombreux habitants ont vu passer ces contenus, parfois partagés par des proches, parfois relayés par des pages locales.
Le problème n’est pas seulement la fausseté de ces informations. C’est la méthode utilisée pour toucher une région et semer le doute.
Une mécanique bien rodée
Les fausses informations sur l’“intelligence” ne sont jamais frontales. Elles ne disent pas directement “les gens du Nord sont moins intelligents”. Elles fonctionnent par insinuation : citations d’études qui n’existent pas, graphiques sortis de nulle part, articles qui imitent la presse régionale, titres volontairement ambigus.
Le but est simple : créer un sentiment d’humiliation, de mépris ou de déclassement. Dans une région comme les Hauts-de-France, marquée par les difficultés économiques, les fermetures d’usines et la fracture sociale, ces récits trouvent un terrain émotionnel puissant.
Quand un message suggère que “certains territoires seraient moins performants” ou “moins éduqués”, il touche quelque chose de profond : la fierté locale.
Pourquoi le Nord est une cible idéale
Le Nord est une région à forte identité. Dunkerque, Lille, Lens, Roubaix ont une histoire industrielle, ouvrière et populaire. Cette identité est souvent caricaturée ailleurs en France, ce qui crée une sensibilité particulière à tout discours perçu comme méprisant.
Les campagnes de désinformation le savent. Elles exploitent cette mémoire collective pour provoquer colère, ressentiment et défiance envers les institutions, les médias et parfois même entre habitants.
Un message qui insinue que “les chiffres officiels ne disent pas la vérité” ou que “les médias cachent la réalité” peut très vite devenir viral dans des groupes locaux, surtout quand il touche à l’image que les gens ont d’eux-mêmes.
Le but réel de ces fake news
Ces rumeurs sur le QI ou l’intelligence ne cherchent pas à informer. Elles cherchent à affaiblir la confiance :
- confiance dans la science
- confiance dans les médias
- confiance dans les institutions
- confiance entre citoyens
Quand les gens commencent à croire que “tout est manipulé”, ils deviennent plus faciles à influencer, à radicaliser ou à détourner de la vie publique.
Dans le Nord, comme ailleurs, cela peut avoir un impact direct sur le débat local, les élections municipales, ou la manière dont les habitants perçoivent les projets, qu’il s’agisse d’urbanisme, de santé ou d’éducation.
Comment reconnaître ces manipulations
Plusieurs signaux reviennent souvent dans ces contenus trompeurs :
- des “études” sans source claire
- des chiffres impossibles à vérifier
- des graphiques sans origine
- des articles qui imitent La Voix du Nord, Nord Littoral ou d’autres médias locaux sans en être
- un ton qui cherche à provoquer la colère ou la honte
Quand un message touche à l’intelligence, à la valeur ou à la dignité d’un territoire, il faut être encore plus vigilant.
Protéger la confiance dans le Nord
Les habitants des Hauts-de-France n’ont rien à prouver à Internet. La région est riche de talents, d’entrepreneurs, de chercheurs, d’ouvriers qualifiés et de créateurs. Les fausses polémiques sur le QI ne sont qu’un outil pour diviser et fragiliser.
Comprendre ces mécanismes, c’est déjà leur enlever une grande partie de leur pouvoir. Et dans un monde où l’information circule plus vite que jamais, la vigilance collective est devenue un enjeu aussi important que les routes, les écoles ou les hôpitaux.
Dans le Nord comme ailleurs, la confiance est un bien précieux. Et c’est précisément pour cela qu’elle est aujourd’hui la cible de tant de fausses informations.






