À Roubaix, la mémoire de la Seconde Guerre mondiale se matérialise par la pose d’un pavé mémoriel emblématique, dédié à Henri Terryn, figure marquante de la résistance contre le nazisme. Cet hommage vibrant, organisé par l’association Stolpersteine Nord-Pas-de-Calais en collaboration avec la ville de Roubaix et les élèves du collège Saint-Exupéry, s’inscrit dans une volonté collective de ne jamais oublier les sacrifices des victimes et résistants.
Henri Terryn, natif de Roubaix, est une victime emblématique de cette période sombre. Fusillé en 1942 dans le cadre des représailles nazies, il incarne le courage et la détermination des résistants qui ont choisi de défendre la liberté malgré la menace constante. La pose de ce pavé mémoriel, le 6 mars 2026, rappelle à chaque passant l’importance du devoir de mémoire et du combat contre l’oubli.
- Henri Terryn, journaliste et résistant, fusillé en 1942 à Wambrechies.
- L’association Stolpersteine Nord-Pas-de-Calais qui œuvre pour la mémoire des victimes du nazisme dans la région.
- Le pavé mémoriel posé à Roubaix, symbole de la résistance et du respect envers les victimes.
- La contribution active des jeunes générations via le collège Saint-Exupéry.
- L’importance de la mémoire collective dans le contexte contemporain de lutte contre toutes formes d’oppression.
L’engagement d’Henri Terryn dans la résistance à Roubaix pendant la Seconde Guerre mondiale
Henri Terryn voit le jour à Roubaix le 27 février 1908. Son parcours, marqué par un attachement profond à sa ville natale, s’oriente vers une carrière de journaliste après son installation à Paris en 1934, où il devient chef du service politique du journal l’Humanité. Militant depuis 1932 au Parti communiste, il défend activement ses convictions tout en suivant l’actualité politique en tant qu’attaché parlementaire.
Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale ne freine pas son engagement. Mobilisé dès septembre 1939, il lutte lors de la bataille de France, avant d’être démobilisé à l’été de 1940. De retour à Roubaix, à une époque où la région fait partie du commandement militaire de Bruxelles et subit une occupation particulièrement rigoureuse, Henri Terryn s’investit dans la Résistance.
Il rejoint les Francs-tireurs et partisans, un réseau qui agit avec audace pour contrer l’occupant nazi. Sa mission consiste notamment à distribuer des tracts clandestins porteurs d’espoir et d’appels à la liberté. Sa détermination à reconstruire le Parti communiste roubaisien dans ces circonstances précaires reflète son profond engagement politique et son courage face à l’oppression.
Sa lutte s’inscrit dans un contexte dangereux où chaque acte de résistance pouvait mener à la mort. Le fait qu’il ait hébergé plus de vingt soldats alliés, selon les historiques de la Résistance locale, témoigne de la portée de son engagement. Cette période met en lumière une personnalité qui incarne la capacité de résistance de la société roubaisienne face à l’occupant.
Son arrestation le 3 juillet 1941, orchestrée par des policiers français collaborateurs, souligne les trahisons qui accentuent les souffrances des résistants. Henri Terryn apparaît ainsi non seulement comme une victime du nazisme mais aussi comme une figure emblématique de la résistance locale, courageuse face à un système répressif.

Le pavé mémoriel : une œuvre symbolique pour honorer les victimes du nazisme à Roubaix
La mise en place du pavé mémoriel pour Henri Terryn s’inscrit dans un projet artistique et mémoriel porté par l’association Stolpersteine Nord-Pas-de-Calais, antenne régionale de la fondation internationale Spuren. Cette initiative trouve son origine dans l’œuvre berlinoise de Gunter Demnig qui, depuis les années 1990, installe ces pavés « trébuchoirs » à travers l’Europe afin de commémorer les victimes du nazisme.
Ces pavés, recouverts d’une plaque de laiton gravée, sont minutieusement placés devant les dernières résidences des victimes. L’objectif est double : interpeller les passants par leur éclat et leur inscription, et inviter à un acte de mémoire actif, presque intime. En s’inclinant pour lire ces plaques, le passant porte un geste de respect et de souvenir envers les personnes honorées.
Le choix de Roubaix pour la pose de ce pavé dédié à Henri Terryn souligne l’importance de la mémoire locale dans la transmission des valeurs de la Résistance et de la lutte contre le nazisme. Le fait que cette cérémonie ait lieu en présence des jeunes élèves du collège Saint-Exupéry manifeste la volonté de transmettre à la jeunesse l’histoire complexe de la région et des combats menés sur son sol.
En 2026, alors que plus de 150 000 stolpersteine ont été posés dans une trentaine de pays, cette initiative à Roubaix est un rappel concret que la mémoire ne doit jamais être figée dans les livres d’histoire, mais continuellement réanimée dans l’espace public. La symbolique du pavé inscrit dans le sol permet d’ancrer l’histoire dans la vie quotidienne.
Voici les différents objectifs poursuivis par la pose de ce pavé mémoriel :
- Rendre hommage aux victimes et résistants du nazisme de manière individuelle et collective.
- Sensibiliser différents publics, notamment les jeunes, à l’histoire locale et aux valeurs de la Résistance.
- Promouvoir la mémoire vivante comme moyen de lutter contre l’oubli et la banalisation des faits historiques.
- Encourager les citoyens à réfléchir sur les actes de courage et de solidarité dans des périodes de crise.
| Élément | Description |
|---|---|
| Pavé mémoriel | Plaque en laiton gravée posée devant le dernier domicile connu |
| Personne honorée | Henri Terryn, chef de rubrique politique et résistant |
| Date de pose | 6 mars 2026 |
| Lieu | 108 rue du Grand-Chemin, Roubaix |
| Organisateurs | Stolpersteine Nord-Pas-de-Calais, ville de Roubaix, collège Saint-Exupéry |
La tragédie d’Henri Terryn, victime du nazisme et la résistance roubaisienne
Henri Terryn incarne l’histoire tragique et courageuse des victimes de la politique nazie de répression. Après son arrestation en juillet 1941, il est livré à la Feldgendarmerie, puis interrogé durant deux jours par la Gestapo, avant d’être emprisonné six mois à Loos. Cet épisode dramatique témoigne des conditions extrêmes vécues par ces combattants clandestins.
Transféré ensuite au centre des otages de Lille puis de Louvain en Belgique, Henri Terryn devient un symbole des otages politiques fusillés en représailles aux actions de sabotage menées dans la région, notamment l’attaque d’une postière allemande et le sabotage de la voie ferrée Arras-Lille. Le 31 mars 1942, il est fusillé au fort du Vert-Galant de Wambrechies, un lieu tristement célèbre où ont été exécutés plusieurs résistants.
Cette mort violente est aussi le reflet du climat oppressant vécu dans le Nord-Pas-de-Calais durant la Seconde Guerre mondiale, une région marquée par une forte occupation allemande et des collaborations locales qui exacerbaient la répression.
Malgré le secret et la douleur, sa famille ne perd jamais l’espoir. Ce n’est qu’en avril 1942 qu’elle apprend officiellement sa mort, un choc qui souligne la brutalité du régime nazi. Après la guerre, Henri Terryn est reconnu « Mort pour la France » et sa dépouille rapatriée au cimetière de Roubaix, symbole de la reconnaissance posthume et de la justice historique.
Plusieurs documents et articles, comme celui disponible sur cette archive historique, retracent son parcours et celui de la résistance à Roubaix, renforçant la valeur mémorielle de cet hommage.
L’importance de la transmission de la mémoire auprès des jeunes générations à Roubaix
L’implication des élèves du collège Saint-Exupéry dans la cérémonie du 6 mars 2026 illustre la volonté affirmée de transmettre le souvenir de la résistance et des victimes du nazisme aux plus jeunes. Ce geste éducatif est primordial pour entretenir une mémoire vivante, garante de vigilance face aux dérives totalitaires.
Les jeunes, en se rendant sur les traces d’Henri Terryn au fort du Vert-Galant, découvrent concrètement le prix de la liberté et le courage des résistants. Ils participent ainsi à la pérennisation d’une histoire qui, bien que lointaine dans le temps, fait toujours écho aux valeurs contemporaines de justice et de solidarité.
De plus, cette pédagogie active est essentielle à l’heure où plusieurs phénomènes mondiaux remettent en question les libertés fondamentales. Apprendre à reconnaître les gestes de résistance dans l’histoire locale aide à comprendre l’importance de l’engagement citoyen, tout comme le combat sans relâche d’Henri Terryn.
En éclairant ces pages d’histoire, l’école, la ville et la société civile créent un ensemble cohérent qui invite à une réflexion profonde sur le passé et son impact sur l’avenir. Cela contribue au rôle essentiel que joue le travail mémoriel au cœur des démocraties modernes. Les initiatives comme celle de l’association Stolpersteine participent pleinement à ce processus, en proposant des outils vivants et accessibles pour tous.
Les leçons durables de la résistance et de la mémoire dans la société contemporaine
Au-delà de l’hommage rendu à Henri Terryn, l’exemple de sa vie et de son sacrifice invite à réfléchir aux valeurs fondamentales qui régissent notre société aujourd’hui. La mémoire des victimes du nazisme joue un rôle vital dans la construction d’une conscience collective éclairée.
Elle insiste sur l’importance de la vigilance face aux idéologies extrémistes et aux injustices. Le combat de la Résistance, incarné par des figures locales comme Henri Terryn, montre que l’engagement individuel peut faire évoluer le cours de l’histoire même dans des contextes particulièrement hostiles.
Le travail de mémoire mené à Roubaix, notamment à travers la pose du pavé mémoriel qui inscrit le passé dans l’espace urbain, est un exemple concret de la façon dont la société peut valoriser le souvenir tout en inspirant les nouvelles générations. En rappelant que la liberté a un prix, cette démarche nourrit un débat démocratique essentiel à la cohésion sociale.
Cet hommage rappelle enfin que chaque citoyen, par ses actions et son courage, peut contribuer à défendre la paix. Il renforce l’idée que, même en 2026, ces combats sont plus que jamais d’actualité face à de nouvelles formes d’oppression. Le devoir de mémoire, incarné dans la pierre et dans le cœur des citoyens, demeure un bouclier contre l’oubli.
Qui était Henri Terryn et pourquoi est-il reconnu ?
Henri Terryn était un journaliste et militant communiste roubaisien engagé dans la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est reconnu pour son courage et son sacrifice, fusillé en 1942 par les nazis en représailles à des actes de sabotage.
Qu’est-ce que le pavé mémoriel ?
Le pavé mémoriel est une plaque en laiton gravée posée dans le trottoir devant la dernière adresse connue d’une victime du nazisme. Il permet de rendre hommage de manière individuelle et collective, en invitant à la réflexion et au souvenir.
Comment la ville de Roubaix s’implique-t-elle dans la mémoire de la résistance ?
Roubaix soutient activement des initiatives comme la pose de pavés mémoriels avec l’association Stolpersteine Nord-Pas-de-Calais et sensibilise les jeunes à travers des actions pédagogiques, notamment avec le collège Saint-Exupéry.
Pourquoi est-il important de transmettre l’histoire aux jeunes générations ?
La transmission de la mémoire aux jeunes est essentielle pour garantir la vigilance face aux idéologies extrémistes et pour encourager un engagement démocratique conscient des valeurs de liberté et de justice.
Que représente le fort du Vert-Galant dans l’histoire de la résistance ?
Le fort du Vert-Galant à Wambrechies a été un lieu d’exécution de résistants et d’otages durant l’occupation allemande, symbolisant la répression implacable subie par ceux qui combattaient le nazisme dans la région.






