À Roubaix, une initiative novatrice redonne vie à l’artisanat traditionnel tout en offrant aux jeunes en difficulté une lueur d’espoir. L’École de la réparation, installée rue du Nouveau Monde, représente bien plus qu’un simple lieu de formation. Elle incarne un véritable tremplin vers l’épanouissement personnel et professionnel, mêlant compétences artisanales et accompagnement social pour transformer le destin de ces jeunes souvent marginalisés.
Depuis son ouverture, l’école accueille une promotion de vingt élèves passionnés, issus de parcours parfois chaotiques. Ici, la réparation de chaussures ou de vêtements devient un vecteur d’autonomie, de confiance et d’intégration, en leur fournissant un savoir-faire rare et recherché. Cette démarche innovante reflète une volonté profonde d’allier éducation, artisanat et valeurs humaines, dans un contexte où la préservation des métiers manuels se révèle cruciale face à la montée des productions industrielles et à l’urgence écologique.
Un projet unique à Roubaix transformant la vie des jeunes par l’apprentissage des métiers artisanaux
L’École de la réparation est un projet exceptionnel en France, implanté à Roubaix, au cœur d’une ville marquée par des difficultés sociales et économiques. Dès sa création en septembre dernier, cette école a porté un message fort : offrir à des jeunes en situation précaire une formation solide et adaptée, leur permettant de renouer avec un projet professionnel crédible. En 2026, ce projet porte ses fruits avec une première promotion qui s’épanouit intensément.
Les vingt élèves bénéficient d’une formation de onze mois, centrée principalement sur la cordonnerie et la couture, des métiers aux compétences précieuses et durables. Ces formations sont pensées pour s’adapter aux besoins spécifiques de chaque participant, souvent éloigné de l’emploi ou en rupture scolaire. Par exemple, Selma, arrivée de façon dramatique en France et traversant de nombreuses épreuves, incarne parfaitement ces jeunes dont le parcours a été bouleversé, mais qui trouvent dans cette école une chance de réhabilitation et de futur.
Au-delà des savoir-faire techniques, la directrice Stéphanie Calvino s’engage à leur faire découvrir les valeurs fondamentales de liberté et d’engagement citoyen. L’objectif est clairement affiché : permettre à ces jeunes de choisir leur vie professionnelle avec des valeurs responsables, dans un secteur que beaucoup sous-estimeraient encore. C’est ainsi que cette formation se distingue, par un accompagnement complet et une pédagogie axée sur l’autonomie et la confiance en soi.
Plusieurs temps forts rythment la formation, comme les ateliers de réparation le matin où les jeunes apprennent à redonner vie à des chaussures usées, ou les sessions théoriques enrichissantes, mêlant mathématiques appliquées, histoire de la mode ou développement personnel. Ces contenus destinés à éclairer leur parcours prouvent la richesse de l’école, qui cherche à faire de ses élèves de véritables artisans mais aussi des acteurs conscients et engagés.

Apprentissage pratique : redonner vie aux objets tout en insufflant de l’espoir et de la fierté
Sur les établis de l’École de la réparation, chaque matinai les jeunes s’immergent dans un univers où leurs mains s’animent et maîtrisent progressivement les gestes de la cordonnerie et de la couture. Ces heures d’apprentissage pratique sont bien plus que des simples cours. Elles matérialisent l’émergence d’une nouvelle confiance et démontrent que l’artisanat a encore toute sa place pour répondre aux défis sociaux et environnementaux actuels.
Par exemple, Tamara découvre un métier qu’elle n’aurait jamais imaginé embrasser, celui de réparer des sneakers en y intégrant des techniques minutieuses telles que le remplacement des doublures ou la remise à neuf des talons. Ce faisant, elle se réconcilie avec un savoir-faire qui valorise la patience, la précision et l’amour du travail bien fait, loin du modèle de consommation rapide. Le formateur Jérôme Paduano, fort de son parcours chez un prestigieux bottier de luxe, guide patiemment ces jeunes avec rigueur et bienveillance, leur transmettant non seulement des gestes techniques mais aussi la culture de l’excellence artisanale.
Amadou, quant à lui, incarne la concentration et la méticulosité indispensables à ce métier. Par le biais d’actions concrètes, comme le comblement des intérieurs de talons avec du liège ou le lissage minutieux des surfaces, le contact avec la matière devient source de satisfaction et d’épanouissement. Ces ateliers pratiques illustrent parfaitement la dimension réparatrice, tant des objets que de l’estime de soi.
Ces savoir-faire artisanaux trouvent aujourd’hui une résonance particulière face aux enjeux environnementaux. La réparation de baskets notamment s’inscrit dans une logique de réduction des déchets et lutte contre l’impact écologique de la surconsommation. Ce positionnement ouvre des perspectives de carrière inédites, tout en répondant à une demande croissante dans un marché vertueux. Chaque pièce réparée est un pas vers une consommation plus responsable et un encouragement à valoriser l’artisanat local.
- Apprentissage de la réparation de chaussures traditionnelles et sneakers
- Développement de compétences manuelles précises et adaptées au marché
- Encadrement personnalisé et accès à un formateur expérimenté
- Introduction à des pratiques durables et respectueuses de l’environnement
- Renforcement de la confiance en soi par des réalisations tangibles
Un accompagnement global pour l’épanouissement des jeunes au-delà du métier
L’École de la réparation ne se limite pas à transmettre un savoir-faire artisanal. Elle offre aux jeunes un environnement structurant, sécurisé et enrichissant où ils peuvent grandir pleinement sur le plan personnel. Cette démarche globale s’appuie sur des services et activités variés, faisant de la formation un véritable cadre d’épanouissement.
Outre la rémunération au SMIC, profondément valorisante pour les élèves qui n’ont plus à se soucier de leurs besoins immédiats, l’école propose des cours d’éloquence qui développent l’expression orale et la confiance en soi. Ces compétences sont essentielles pour préparer les futurs stages en entreprise et favoriser leur intégration professionnelle. Le yoga, pratiqué régulièrement, contribue quant à lui à la gestion du stress et au maintien de l’équilibre mental, un aspect souvent négligé dans les dispositifs classiques.
Les visites culturelles, telles que la découverte de la villa Cavrois ou la rencontre avec des praticiens en équithérapie, enrichissent leurs horizons et leur donnent accès à un monde humain plus vaste. Des chercheurs du CNRS viennent également dispenser des cours abordant l’histoire de la mode ou la culture générale, contribuant ainsi à l’ouverture intellectuelle nécessaire pour se positionner dans un secteur dynamique et créatif.
La directrice, Stéphanie Calvino, défend ardemment ce modèle hybride, qui complète les formations traditionnelles parfois trop rigides. Ce choix pédagogique met l’accent sur un enseignement adapté aux besoins réels des élèves, notamment dans les matières fondamentales comme les mathématiques appliquées au calcul des coûts de production. Cela leur permet de mieux comprendre le fonctionnement économique du métier et de favoriser leur autonomie future.
D’ailleurs, un tableau comparatif des avantages de cette école unique illustre clairement ces bénéfices :
| Aspect | École de la réparation | Formation classique CAP cordonnerie |
|---|---|---|
| Durée adaptée | 11 mois intensifs et complets | Longue durée avec alternance parfois difficile |
| Accompagnement socio-professionnel | Présent et intégré | Souvent limité |
| Rémunération | Au SMIC dès la formation | Variable, souvent inférieure |
| Activités culturelles et bien-être | Yoga, visites culturelles, cours divers | Peu ou pas proposées |
| Acquisition de compétences concrètes | Orientée métier avec prise en compte du marché | Souvent plus théorique |
Ce cadre complet suscite aujourd’hui un vif intérêt tant chez les jeunes que dans le tissu associatif local. L’approche holistique de cette école contribue fortement à rendre l’apprentissage et la réparation des objets un chemin vers l’autonomie et l’optimisme.
Projets d’avenir et perspectives d’intégration professionnelle grâce à la maîtrise de savoir-faire artisanaux
Vers le printemps, l’École de la réparation organise des immersions professionnelles, moments clés pour valoriser les acquis pratiques et préparer les élèves à leur entrée dans le monde du travail. La majorité d’entre eux montrent déjà une bonne aptitude à s’adapter en entreprise, à l’image de Sofiane, dont le parcours de vie difficile semblait au départ un obstacle infranchissable.
Grâce à la découverte, lors de la formation, du « bichonnage » – cette technique de nettoyage et de remise en état des chaussures – Sofiane a trouvé une réelle motivation. Il s’apprête à effectuer un stage dans une maison de maroquinerie de luxe, Berluti, ce qui témoigne de la qualité reconnue de la formation dispensée. D’autres jeunes ont, quant à eux, bien cerné leur projet professionnel, comme Lily, dont l’ambition est de gérer une cordonnerie axée sur la réparation durable dans le Lot-et-Garonne.
Le soutien social permanent, par des accompagnants dédiés, joue un rôle de catalyseur pour ces aspirations. Raymond, encore en phase de réflexion, bénéficie d’un suivi individuel pour l’aider à définir ses choix et gagner en assurance. Ce suivi personnalisé est un véritable moteur pour ces jeunes, qui apprennent à envisager un avenir jusque-là improbable.
Selma imagine de son côté créer une cordonnerie mobile permettant de se déplacer sur différents marchés, un concept innovant combinant réparation et couture, répondant ainsi à une demande locale grandissante. L’idée de pouvoir choisir et construire sa voie est une nouveauté pour la plupart des élèves, qui prennent progressivement conscience qu’ils peuvent rêver d’un futur différent.
Ces projets d’avenir s’inscrivent dans une dynamique de développement durable, où chaque geste artisanal repensé participe à une économie circulaire nécessaire. C’est ainsi que l’École de la réparation s’affirme également comme un laboratoire d’idées pédagogiques, appelant à une réflexion plus large sur la manière dont l’éducation pourrait renouveler ses approches et offrir de nouvelles chances.
Pour découvrir plus d’initiatives locales qui insufflent un vent de changement à Roubaix, vous pouvez consulter cet article sur les événements culturels et sociaux authentiques à Roubaix ou explorer des approches innovantes proposées dans la région en matière d’éducation et d’emploi.
Qui peut intégrer l’École de la réparation à Roubaix ?
L’école s’adresse principalement à des jeunes en situation précaire, souvent éloignés de l’emploi ou en rupture scolaire, souhaitant apprendre un métier artisanal dans un cadre adapté et bienveillant.
Quels métiers sont enseignés à l’école ?
Les principales formations portent sur la cordonnerie traditionnelle et la couture, avec une spécialisation reconnue dans la réparation de sneakers, compétence très demandée sur le marché.
Les élèves reçoivent-ils une rémunération pendant leur formation ?
Oui, chaque élève est rémunéré au SMIC dès le début de la formation, ce qui leur permet de se concentrer sur leur apprentissage sans souci financier.
Comment l’école soutient-elle l’épanouissement personnel des jeunes ?
En proposant des activités variées comme le yoga, des cours d’éloquence et des visites culturelles, l’école favorise un développement complet de la personne au-delà du métier.
Quelles sont les perspectives professionnelles après la formation ?
Les élèves bénéficient d’immersion en entreprise, leur permettant d’intégrer le marché du travail, souvent dans des ateliers de réparation durables ou des boutiques spécialisées.






