Réactions et contestations face à la fermeture d’une usine emblématique
La décision de fermer l’usine Teisseire à Crolles, en Isère, d’ici avril 2026, a provoqué une onde de choc parmi ses 200 salariés. Cette usine historique, symbole fort de l’industrie française du sirop depuis la fin du XVIIIe siècle, va subir l’onde de choc d’un plan social massif, avec la suppression annoncée de 167 postes. Face à cette annonce, les salariés ne sont pas restés silencieux et ont rapidement organisé des grèves et manifestations pour défendre leur emploi et dénoncer la politique de délocalisation de la production en Normandie.
L’inquiétude et la colère sont palpables devant ce qui est perçu comme un abandon de l’industrie locale. Depuis plusieurs années, Teisseire fait face à un contexte économique extrêmement difficile : la concurrence féroce des grandes enseignes, la baisse constante de la consommation de boissons sucrées et une mutation des habitudes des consommateurs, de plus en plus sensibles à la teneur en sucre et à l’origine des produits. Pourtant, les salariés mettent en avant le lourd prix humain que ce plan social entraînera, soulignant que la déseindustrialisation de la région fragilise durablement le tissu économique local.
Les syndicats, dont les majoritaires CFE-CGC, CFDT et Sud, ont tenté de négocier avec la direction la mise en place de mesures d’accompagnement adaptées à la reconversion des salariés. Néanmoins, la volonté affichée de ne pas reculer sur la fermeture du site provoque une mobilisation intense, avec des journées de mobilisation répétées. Parmi les revendications figurent l’amélioration du plan social, une meilleure prise en compte des besoins pour la reconversion, ainsi qu’une condamnation claire des stratégies de délocalisation industrielle.
- Organisation de piquets de grève durables devant l’usine
- Manifestations à l’échelle locale pour attirer l’attention des pouvoirs publics
- Publication de lettres ouvertes pour sensibiliser l’opinion publique
- Dialogue tendu entre syndicats et direction sur les mesures d’accompagnement
- Démarches juridiques lancées pour contester certains aspects du plan social
| Élément | Description | Impact estimé |
|---|---|---|
| Nombre d’emplois supprimés | 167 suppressions sur 200 postes | Perte de 83,5 % des emplois sur le site |
| Date de fermeture prévue | Avril 2026 | Fin de l’activité sur le site historique |
| Transfert de production | Délocalisation en Normandie chez Slaur-Sardet | Maintien partiel de la production en France |
| Syndicats impliqués | CFE-CGC, CFDT, SUD | Mobilisation et négociation collective |
Les enjeux économiques derrière la fermeture de l’usine Teisseire
Le site de Crolles souffre depuis une décennie d’un déclin continu, aggravé par la conjoncture économique difficile qui affecte le secteur des boissons sucrées. Teisseire, autrefois leader incontesté du marché français, fait face à une baisse marquée de son chiffre d’affaires qui est passé d’un bénéfice d’exploitation de 10 % en 2020 à une perte estimée à 2 % en 2025. Ces chiffres traduisent une situation préoccupante où les coûts fixes et les contraintes réglementaires se conjuguent à une pression concurrentielle intense pour réduire drastiquement la rentabilité industrielle.
Les raisons de ce déclin sont multiples et structurelles :
- Concurrence accrue sur le segment des sirops et boissons avec des acteurs internationaux et des alternatives aux boissons sucrées.
- Changement des habitudes de consommation qui privilégient désormais des produits plus sains, moins sucrés et plus naturels.
- Réglementations environnementales et sanitaires plus strictes, obligeant des investissements conséquents dans la production.
- Rigidités internes liées à l’organisation industrielle et à une difficulté à se réinventer commercialement.
Face à ces défis, la direction a estimé que la seule voie viable pour sécuriser la pérennité à long terme de la marque était de concentrer la production dans une autre usine plus performante en Normandie. Ceci induit un transfert industriel qui malgré des partenariats avec des producteurs locaux, entraîne une vague de suppression d’emplois. Le choix de cette stratégie a provoqué un débat intense sur la meilleure manière de concilier compétitivité, maintien de l’emploi et politique industrielle nationale.
| Facteur | Impact sur l’usine | Solutions envisagées |
|---|---|---|
| Concurrence accrue | Chute des parts de marché | Innovations produit et diversification |
| Nouvelles réglementations | Augmentation des coûts de production | Modernisation des équipements |
| Évolution des habitudes | Baisse durable de la demande | Développement de gammes alternatives |
| Rigidités internes | Limitation de la réactivité | Plan de réorganisation interne |
Cette situation illustre la complexité des choix auxquels sont confrontées les entreprises industrielles en 2025, oscillant entre impératifs économiques et responsabilités sociales.
Mobilisations syndicales et stratégies de défense des salariés face au licenciement massif
À l’annonce de la fermeture, les organisations syndicales ont immédiatement pris la tête des actions pour défendre les intérêts des salariés. Les syndicats CFE-CGC, CFDT et Sud ont signé en mars un accord sur les mesures d’accompagnement des 1 254 salariés concernés par les fermetures dans le groupe Teisseire, mais ce plan social reçoit un accueil mitigé car il ne prévient pas la disparition d’environ 167 emplois au seul site de Crolles.
Les salariés expriment, au-delà de la frustration, un profond sentiment d’injustice, dénonçant un licenciement massif alors que le groupe dans son ensemble affiche encore une rentabilité globale, notamment chez d’autres acteurs industriels. Cet état de fait alimente une dynamique de contestation intense :
- Organisation de grèves de durée prolongée avec piquets et blocages partiels.
- Manifestations locales et nationales pour attirer l’attention des pouvoirs publics et du grand public.
- Recours juridiques pour contester la validité des mesures d’accompagnement, dans la continuité des actions similaires entreprises récemment, notamment dans l’industrie automobile et mécanique.
- Appel aux solidarités interprofessionnelles à travers des réseaux de soutien aux salariés licenciés.
- Demandes insistantes pour une meilleure prise en charge de la reconversion professionnelle, par des formations accrues et un accompagnement personnalisé.
La tension reste cependant palpable, notamment en raison des craintes concernant l’avenir économique de la région face à la désindustrialisation progressive. La mobilisation syndicale tente de peser sur la direction pour obtenir des garanties supplémentaires et éviter une dégradation sociale trop profonde.
| Action syndicale | Description | Objectif principal |
|---|---|---|
| Grève | Blocage et piquets de grève sur le site | Retarder la fermeture et obtenir de meilleures conditions |
| Manifestation | Mobilisation des salariés avec soutien local | Sensibilisation de l’opinion publique et pouvoirs publics |
| Recours juridique | Contestations du plan social au tribunal administratif | Faire annuler ou améliorer le dispositif d’accompagnement |
| Négociation | Discussions avec direction et DREETS | Garantir des mesures de reclassement et formation |
| Soutien à la reconversion | Programmes de formation et d’aide à la mobilité | Faciliter le retour à l’emploi |
Options de reconversion et impacts sur l’emploi local dans un contexte de désindustrialisation
La fermeture annoncée soulève des enjeux majeurs en matière d’emploi local et de développement socio-économique. Le plan social prévoit plusieurs mesures d’accompagnement dont la mise en place de dispositifs de reconversion professionnelle pour les salariés concernés. Dans ce contexte, plusieurs options se dégagent pour limiter les effets de la désindustrialisation :
- Formation professionnelle spécialisée : accès à des formations certifiantes dans les secteurs en croissance, comme la transition énergétique, l’informatique ou les services.
- Aides à la mobilité : soutien financier et logistique pour permettre aux salariés d’accepter des postes dans d’autres régions ou secteurs.
- Soutien à la création d’entreprise : accompagnement à l’entrepreneuriat notamment dans le domaine de l’e-commerce ou de l’artisanat local.
- Mesures de reclassement interne : transfert vers d’autres unités du groupe pour certains ouvriers ou techniciens qualifiés.
- Dialogue avec les acteurs publics : collaboration avec les collectivités territoriales pour favoriser un tissu économique diversifié et résilient.
L’objectif de ces mesures est double : d’une part, éviter une explosion du chômage local ; d’autre part, prévenir l’appauvrissement des compétences industrielles dans la région. Toutefois, ces efforts peuvent se heurter à des obstacles majeurs, en particulier le manque d’opportunités dans un bassin d’emploi affecté par la déseindustrialisation et la concurrence de grands centres urbains offrant des emplois dans des secteurs tertiaires plus attractifs.
| Type de mesure | Exemple concret | Limites potentielles |
|---|---|---|
| Formation professionnelle | Stage de reconversion vers métiers numériques | Accessibilité financière et motivation variable |
| Aide à la mobilité | Subventions pour transport et logement temporaire | Contraintes familiales et choix personnels |
| Soutien entrepreneurial | Cursus d’appui à la création de PME locales | Risques liés à la gestion d’entreprise |
| Reclassement interne | Mutation de certains salariés vers d’autres sites du groupe | Réduction des postes disponibles |
| Dialogue public-privé | Mise en place de projets économiques territoriaux | Difficulté de coordination et ressources limitées |
Pour soutenir ces démarches, il est crucial que les syndicats, les élus locaux et le patronat coopèrent étroitement afin d’adapter les mesures aux réalités du terrain. Face aux défis de la reconversion, des exemples innovants comme la transition vers le e-commerce ont montré leur potentiel à créer des emplois et dynamiser des territoires. Ce guide pour débutants dans le commerce en ligne peut servir de modèle inspirant pour certains salariés à la recherche d’une nouvelle orientation professionnelle.
Conséquences sociétales et économiques de la fermeture sur la communauté locale
La fermeture d’une usine emblématique telle que celle de Teisseire ne se limite pas à un simple problème économique ou social. Elle a un impact profond sur la communauté locale et sur l’identité même d’un territoire. Depuis la fin du XVIIIe siècle, ce site a incarné un savoir-faire industriel et un lien social fort entre habitants et entreprise. La suppression de 167 emplois menace la stabilité économique de nombreuses familles et le dynamisme du tissu local.
Les conséquences peuvent se décliner en plusieurs axes :
- Dégradation du taux d’emploi local : une hausse du chômage considérable avec ses corollaires sociaux (précarité, pauvreté, fragilité des ménages).
- Perte de savoir-faire industriel : départ des compétences techniques, difficulté à recréer une industrie locale.
- Érosion du pouvoir d’achat : avec moins de revenus disponibles, le commerce local et les services souffrent également.
- Impact psychologique : sentiment de désespoir et de rupture identitaire chez certains salariés et habitants.
- Tensions sociales : potentiel de conflits sociaux et d’actions militantes augmentées dans la région.
Face à ces enjeux, les initiatives visant à diversifier l’économie locale, à promouvoir l’innovation, ou encore à soutenir le secteur artisanal et des petites entreprises deviennent des priorités. Par exemple, valoriser le développement de l’artisanat textile local peut participer à recréer un tissu économique plus résilient et moins dépendant d’une production industrielle centralisée.
| Conséquence | Effet sur la communauté | Initiative proposée |
|---|---|---|
| Chômage | Augmentation du nombre de personnes sans emploi | Programmes d’insertion professionnelle et formation |
| Départ des compétences | Fragilisation du tissu industriel local | Création de pôles d’innovation et formation avancée |
| Baisse de consommation | Réduction des achats dans le commerce local | Soutien aux petites entreprises et commerces de proximité |
| Fragilité sociale | Hausse du sentiment d’insécurité économique | Mise en place de réseaux d’aide sociale |
| Conflits sociaux | Montée des tensions et actions syndicales renforcées | Dialogue social renforcé entre employeurs et salariés |
Un tissu industriel fragilisé a clairement des répercussions qui dépassent le cercle fermé de l’usine, influant sur l’ensemble d’une région. La nécessité d’adopter des solutions à la fois économiques et sociales s’impose pour éviter que la chaîne des effets négatifs ne s’amplifie trop durablement.






